En 1914, il n’existe pratiquement pas de commune en France n’ayant pas son monument aux morts.
Appelée la « Grande guerre » en raison des huit millions de personnes ayant pris part au conflit soit tout de même un français sur cinq à l’époque ; elle laisse surtout un million et demi de morts derrière elle et toutes les familles du pays endeuillées…La généralisation de ces monuments est à la hauteur du traumatisme et constitue un travail de deuil et de mémoire.
La ville de Bourg-en-Bresse n’échappe pas à la règle en faisant appel à l’architecte Royer et au sculpteur Alphonse Muscat dès 1922. L’œuvre inaugurée le 5 juillet 1925 aux Quinconces représente une bressane, symbole de la France, laissant tomber une gerbe de fleurs sur le corps d’un poilu ; derrière elle la Paix écarte d’un large geste le linceul des morts.
Fort de son prestige local, Alphonse Muscat se verra confier dans l’Ain la réalisation d’une vingtaine de monuments aux morts en à peine cinq ans. Soldat réformé durant la guerre pour cause de bronchite grave, le sculpteur rend hommage à ses compatriotes tombés au champ de guerre.