Portraits et monuments de l'Ain
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JULES MIGONNEY
Bourg-en-Bresse 22 février 1876 - Paris 5 juillet 1929

Après un brillant passage au lycée Lalande de Bourg-en-Bresse, il part étudier à l'école des Beaux-Arts de Lyon en 1893 puis de Paris en 1898. Grand admirateur de Cézanne, il rencontre Matisse et Derain en 1901 mais se sent plus proche des maîtres réalistes comme Courbet et décide de se consacrer au portrait et à la nature morte. Il voyage en Italie et en Espagne en 1908 où il s’émerveille devant les peintures de Velàsquez.

Titulaire d’une bourse au concours des Orientalistes, il devient pensionnaire de la villa Abd-el-Tif d’Alger de 1909 à 1911. A la suite de ce séjour sa peinture devient plus personnelle. La vie quotidienne, les scènes de bain ou de hammam lui inspirent des œuvres pleines de sensualité. Mais c'est toujours avec réalisme qu'il dépeint l'Algérie, même s'il s'attache à une plus grande simplicité dans la ligne et l'expression.

La première guerre mondiale forme une parenthèse dans sa carrière. Engagé pour ses compétences dans une division de camouflage, il devient chef d’équipe et s’investit pleinement dans sa mission. Bien qu’étant éloigné du front, il n’échappe pas aux horreurs de la guerre. De retour à Paris, ses natures mortes sont encore empreintes d'Orient. Il participe aux Salons des Artistes Décorateurs entre 1920 et 1929, son style le rapprochant désormais plus de l'art déco. Les nus féminins et le portrait auxquels il se consacre dès 1925 marquent un nouveau dépouillement dans sa peinture.

Malgré la reconnaissance de ses pères, le doute l'assaille sans cesse. Il se suicide dans son atelier parisien en 1929 en léguant ses œuvres aux musées de Bourg-en-Bresse, Pont-de-Vaux et Alger.