A Charolles d’où sa mère est originaire, il reçoit l’éducation d’un prêtre. Il poursuit ses études au collège de Bourg-en-Bresse puis les termine à Lyon. Il échoue à l’examen d’entrée de l’Ecole polytechnique et devient surnuméraire dans une maison de banque de Paris. Après avoir été secrétaire auprès du receveur général de la Seine, il quitte les finances pour le droit. Poussé par ses amis, il s’essaye à l’écriture avec Les tablettes du Juif-Errant. Sans succès, il reprend ses études et s’intéresse alors à la philosophie du droit.
De retour à Bourg-en-Bresse en 1824, il écrit des poèmes et des études sur l’histoire et la philosophie. Après un premier séjour en Angleterre, il part habiter à Heidelberg en Allemagne. En 1838, il est nommé professeur de littérature étrangère à la faculté de lettres de Lyon et Chevalier de la Légion d’honneur. Il dispense des cours de littérature méridionale au Collège de France dès 1841. L’Eglise étant incompatible avec le monde moderne, selon ses idées, il est déclaré comme révolutionnaire par Guizot qui l’oblige à quitter la chaire parisienne en 1844. Après un séjour en Espagne, il participe à la révolution de 1848 et devient député de l’Ain. En 1850, il publie L’enseignement du peuple, petit livre s’il en est, mais dont s’inspire Jules Ferry pour établir son programme de l’enseignement laïque. Le coup d’Etat de 1851 et le Second Empire l’oblige à s’exiler à Bruxelles. Ayant refusé l’amnistie, il se fixe ensuite à Veytaux en Suisse jusqu’à son retour à Paris en 1870.
Auteur d’œuvres philosophiques, politiques ou historiques, il retrouve sa fonction de professeur au Collège de France et devient le député de la Seine. Homme politique intransigeant et réfractaire aux compromis, le gouvernement lui refuse des funérailles nationales. Cependant, le peuple suit en masse son enterrement et Gambetta prononce son éloge funèbre en compagnie de Victor Hugo, exilé lui aussi et ami de Quinet.