Portraits et monuments de l'Ain
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CHARLES ROBIN
Jasseron 4 juin 1821 – Jasseron 6 octobre 1885

Il commence l’école à Jasseron et poursuit ses études à Ménestruel près de Poncin en 1832. Blessé par un camarade lors d’une récréation, il perd un œil. Infirme, il poursuit ses études à Lyon et se passionne pour les sciences. En 1839, il travaille au service du Dr Hudellet à l’Hôtel-Dieu de Bourg-en-Bresse. Cette découverte l’incite à étudier la médecine à Paris.

En 1841, il est externe à l’hôpital Necker et est reçu docteur en médecine en 1846. Il ouvre un laboratoire d’anatomie comparée et enseigne l’anatomie pathologique, la botanique et la zoologie. Sa découverte des organes électriques de la raie, lui permet de devenir docteur en médecine en 1846, docteur ès-sciences et agrégé d’histoire naturelle en 1847. Avec les chirurgiens Houet et Follin, il fonde une Société de biologie et publie plusieurs ouvrages médicaux de grande valeur qui lui permettent d’être élu à l’Académie de médecine en 1858. Une chaire d’histologie lui est ouverte à la faculté de médecine de Paris et soutenu par Pasteur il est élu à l’Académie des sciences le 8 janvier 1866. En 1873, il est nommé directeur du laboratoire de Concarneau. Bien qu’étant à Paris pour son travail, il revient tous les étés à Jasseron, son village natal, pour retrouver sa famille et chasser près des ruines du château. Ami d’enfance du graveur et peintre Gustave Doré, il côtoie les milieux littéraires parisiens et devient consultant malgré lui auprès des écrivains romantiques férus de science et de fantastique. Médecin personnel de Mérimée, il compte parmi ses fidèles amis Michelet, About, les Goncourt, Flaubert et Alexandre Dumas fils. Sa notoriété l’amène aussi à remplir les fonctions de sénateur de l’Ain en 1876. Attaqué par le clergé suite à cette nomination, il répond dans le Courrier de l’Ain : « On est arrivé à faire croire à quelques-uns que j’ai employé ma vie à la détruire. C’est une erreur ou une calomnie. La religion est, à mes yeux, un grand fait, ayant une importance que je ne méconnais pas […]. Le droit de prier libre me paraît aussi inviolable que doit être pour la science celui de poursuivre librement ses investigations. […] Toutes les libertés sont sœurs. Qui en attaque une menace déjà les autres. »