Engagé à dix-sept ans dans le 3e bataillon des Volontaires de l’Ain, il suit des cours de pharmacie, d’anatomie et de petite médecine à l’hôpital militaire de Grenoble afin de devenir ambulancier. Après un an d’exercices pratiques, il demande à reprendre des cours de pharmacie et travaille à l’hôpital de Bourg-en-Bresse. En 1794, il obtient un brevet de pharmacien sous-aide et repart pour l’armée sous les ordres de Laubert qui lui apprend la botanique, la physique et la chimie. Au départ de celui-ci, Sérullas devenu pharmacien aide-major acquiert le grade de pharmacien-major. Lors d’un séjour à Padoue où la guerre a cessé depuis le traité de 1797, il fréquente les cours de l’université et devient maître ès-arts. Après avoir suivi l’armée à travers tous les pays d’Europe, il est nommé pharmacien-principal et Chevalier de la Legion d’honneur.
La Restauration rabaisse son grade. Mais la reconnaissance de ses confrères lui vaut d’être rétabli au grade de pharmacien en chef et d’exercer comme professeur à l’hôpital militaire et d’instruction de Metz. Cette nouvelle fonction lui donne l’occasion de se consacrer à l’étude. Il apprend ainsi le grec et reprend les mathématiques. Bientôt des élèves issus de l’Ecole polytechnique suivent ses cours à Metz et ses travaux sur le carbone sont remarqués par Cuvier et l’Institut, qui lui offre en 1829 la chaire de Fourcroy.
Il meurt du choléra, maladie qu’il redoute le plus et contre laquelle il s’est le plus battu. L’Etat organise à ses frais, les obsèques de Sérullas au cimetière du Père Lachaise. Il est inhumé non loin de la sépulture de son ami et compatriote Bichat, avec lequel il s’était lié d’amitié au collège de Nantua. Deux bustes lui rendent hommage, au Val-de-Grâce et à l’école de pharmacie de Paris.